Les adaptations

Du croquis à l’air des bijoux sur scène, la robe a suscité nombre de modifications afin que le moment attendu se déroule le plus harmonieusement possible.

Emanuela Notaro, décoratrice

Suite

L'idée initiale assez classique

« Sans indications claires du costumier ou du metteur en scène, notre première idée fut de ménager une longue couture dans le dos, dépourvue de volumes ou d'éclats, pour que Ruzan se glisse facilement dans la robe... tout en chantant. 

 

Plus tard, compte tenu du positionnement des éclats, la fermeture éclair fut déplacée sur le côté, en ouvrant la couture sur toute sa longueur pour y monter un zip. »

Emanuela Notaro, décoratrice


 

Les leçons du premier essayage

6 décembre 2017 - Couturière de morphologie voisine de celle de Ruzan, Soizic joua les mannequins d'un jour.

L’enfilage s’avéra relativement facile. Toutefois, souleva Jean-Pierre Vergier, « on n’a pas encore la musique : le chef ne va pas poser sa baguette… »

Taquin, il lança à Soizic : « vous pouvez finalement avancer… Je croyais qu’elle ne ferait pas deux mètres avec… », tout en contrôlant minutieusement les volumes – pointant un petit manque au niveau des genoux, sans pour autant que les ajouts entravent les mouvements ni le tombé de la jupe, veillant à éviter toute symétrie, souhaitant bien remplir les bords et le corsage de fragments plats.

malgré les films de protection qui ternissaient l’éclat des miroirs, La robe tint toutes ses promesses

L'Air des bijoux...


 

Acte III

La mise en scène prévoit l’arrivée surprise de l’immense paquet cadeau rouge qui tient lieu de coffret à bijoux pendant que Marguerite chante la romance « Il était un Roi de Thulé » dans sa chambre.

 

« A l'opéra, on n'a malheureusement pas le temps. Quand les chanteurs arrivent, il faut démarrer très vite et attaquer directement sur scène plutôt que d'expliquer pendant des jours les intentions et d'où provient l'histoire. Avec la musique, la dimension temporelle vous est ôtée, contrairement au théâtre où vous pouvez accélérer, ralentir, faire silence, couper, mettre des virgules ou des points de suspension quand et où vous voulez. »

Georges Lavaudant, metteur en scène

 

 

 

 

Des domestiques de Méphisto devraient finalement aider Marguerite à ouvrir le cadeau et à passer la robe, tout en poursuivant :
« Que vois-je là ? /
D'où ce riche coffret peut-il venir ?... /
Je n'ose y toucher, et pourtant... »

… sur scène

« J’aime créer un rôle à partir de presque rien, comme si personne ne l’avait interprété avant moi »

« Parfois, c'est en répétant que vous découvrez de nouvelles couleurs musicales, avec le chef d'orchestre ou le metteur en scène. Vous vous mettez dans la situations proposée par la mise en scène... Peut-être que vous ne ferez pas la même chose dans d'autres productions. »

Ruzan Mantashyan, Marguerite

« Il y a évidemment ce grand air d'agilité qu'est l'Air des Bijoux, mais par chance il est au début ! Ensuite, on peut se détendre et montrer d'autres aspects de Marguerite...
Si vous croyez en elle...


 

Mardi 23 janvier 2017. Générale piano.

Les suppôts de Méphisto...

... ont parfaitement joué les habilleurs.

… si vous la comprenez intérieurement, alors tout le monde sera également convaincu. Cela doit venir naturellement et ne pas sembler artificiel, exagéré. Vous devez laisser le personnage entrer en vous. »

Ruzan Mantashyan

« Il faut être ouvert au risque sur la scène et se laisser porter par la magie du jeu »

« Pendant les répétitions, j'ai besoin qu'il y ait un climat dès le début. Il me faut des costumes, quelques accessoires, un éclairage. Pour que dès le premier jour, la matière théâtrale se concrétise. Qu'il y ait déjà quelque chose qui vive. Des ombres, des lumières. Une ambiance presque physiologique, dès l'origine. »

Georges Lavaudant, metteur en scène

Légende

Réglage des éclairages pour la robe iconique : du rose essayé à la générale piano le 23 janvier au bleu choisi à la pré-générale, lundi 29 janvier 2018.

«Evidemment, vous ne pouvez pas utiliser la même couleur de la voix pour exprimer l'amour et la haine, la tristesse et le bonheur... Mais j'ai le sentiment que les bonnes couleurs ne prennent vie qu'à la fin, lorsque vous avez réalisé qui est votre personnage et l'avez accepté."

Entretien avec Ruzan Mantashyan, ACT'O, janvier 2018

Grand Théâtre Genève

Faust à l’Opéra des Nations

Du 1er au 18 février

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